L’Oratoire

 

Qu’est-ce qu’un Oratoire ?

IMG_8913Une formule unique

La forme de vie sacerdotale inventée par Saint Philippe Néri au XVIe siècle est assez unique en son genre. Elle se définit comme une vie familiale sous le même toit, unissant les membres par le seul lien de la charité fraternelle proposée comme but et un moyen de sanctification.

Les membres ne sont pas unis, comme les religieux, par les trois voeux et l’observance d’une règle détaillée. Ils ne sont pas unis non plus par un créneau spécial d’apostolat comme l’éducation, l’enseignement ou la liturgie : ils peuvent être dans des paroisses différentes et avoir des ministères différents. Ils sont unis seulement par la volonté de vivre ensemble de façon stable, c’est-à-dire jusqu’à la mort. Cela veut dire que les personnes se choisissent et se donnent comme une priorité l’attention mutuelle, avec la note de joie propre à Saint Philippe. Dans l’apostolat, la seule « marque de fabrique » visible est la cordialité, et la préférence donnée au contact personnel pour aider les âmes à entrer dans l’amitié divine.

Concrètement, ils suivent les maximes qu’il a laissées, et organisent les temps de prière et de repas à partager chaque jour.

En 2015, il y a dans le monde 85 Oratoires de Saint Philippe Néri. En France, on trouve pour l’instant trois communautés fondées et une en formation. C’est peu, mais une raison simple l’explique : au XVIIe siècle le Cardinal de Bérulle fonda une congrégation nouvelle, « l’Oratoire de France », qui s’inspire aussi, mais de plus loin, de Saint Philippe. Il s’agit d’une congrégation nationale, avec un supérieur général qui envoie les prêtres dans telle ou telle maison, ce qui n’est pas l’idée de l’Oratoire de Saint Philippe Néri où les personnes forment une maisonnée stable.

DIMG_1474ans l’Eglise aujourd’hui

Chaque Oratoire de Saint Philippe Néri est indépendant, même si des liens d’amitié unissent les différentes maisons. Chaque communauté, même petite, est une structure assez forte : un Oratoire est érigé par le Saint Siège, avec le statut « de droit pontifical » : à sa tête le prévôt (élu pour trois ans) préside à l’organisation de la vie commune, et peut, après accord de la congrégation, appeler aux ordres. Par ailleurs son autorité n’est pas monarchique, il est plutôt « primus inter pares ».

C’est l’évêque local qui décide d’accepter un Oratoire pour son diocèse, puis, comme dans tous les cas, c’est lui qui confie les missions extérieures. En revanche c’est à la communauté d’accepter ou non que tel Père soit chargé de tel apostolat, en fonction des possibilités de vie commune et des charismes personnels. C’est elle aussi qui organise la formation de ceux qui se préparent au sacerdoce.

15La maison oratorienne, un “nid” à construire

Pour qu’un Oratoire soit effectivement fondé, il faut au moins quatre membres dont deux prêtres (il peut y avoir des séminaristes et  éventuellement des frères). La taille reste petite : Le bienheureux Cardinal Newman, qui a fondé l’Oratoire en Angleterre, avance le chiffre de douze comme un maximum, pour que l’on puisse se connaître « de visage à visage ». Il faut aussi que tous puissent avoir un ministère tout en habitant sous le même toit. Les Oratoires sont d’ailleurs généralement urbains.

08051700L’Oratoire au service de l’Oratorio

Autour des prêtres, il y a un cercle de laïcs. Cela correspond historiquement au premier noyau : autour de saint Philippe, se réunissaient des jeunes et des personnes de toutes conditions pour méditer l’Ecriture Sainte, et aussi visiter les malades, faire le fameux « pèlerinage aux sept églises », et prier avec un
goût pour le chant et la belle liturgie. Le genre musical « oratorio » (récitatif sur des paroles bibliques) trouve d’ailleurs là son origine : dans la bande se trouvait d’ailleurs le fameux Palestrina. Ce groupe est couramment appelé “Oratorio” formant un cercle autour de l’Oratoire des prêtres assemblés en
vie commune pour l’animation de ce groupe.

L’Oratorio tend à répandre auprès de personnes laïques l’esprit même de Saint Philippe par la méditation de la Parole de Dieu éclairée de la tradition de l’Eglise. On trouve souvent plusieurs « oratorios » : pour les enfants, les jeunes, les adultes etc.